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Le conseil de classe : ses acteurs et ses enjeux. Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
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Écrit par Bénédicte Gérard   
10-02-2008
Nous vivons tous au rythme des conseils de classe trimestriels.Conseil de classe Ces temps forts de l’année scolaire sont bien souvent perçus comme une échéance de référence à la fois par les élèves, leurs parents et les personnels de l’Education Nationale. Il m’a donc semblé important de consacrer un temps de réflexion à ces rencontres rituelles et de faire un point sur nos pratiques.
Cet article sera essentiellement fondé sur les témoignages de tous ceux qui ont accepté de répondre à mes quelques questions. Je les remercie vivement pour leur participation et j’espère réussir à rendre compte de leurs propos de la manière la plus fidèle qui soit !


Un conseil de classe : pour quoi faire ?


Comme l’indique Antoine Prost dans son article « Conseil de classe : le lien collège-famille », le conseil de classe est né d’un arrêté du 5 juillet 1890 publié à l’occasion d’une réflexion d’ensemble sur le régime des lycées : « Les notes des bulletins trimestriels ne seront arrêtées qu’après une réunion dans laquelle tous les maîtres à qui ont affaire les mêmes élèves auront échangé sur chacun d’eux leurs impressions. Ces notes exprimeront l’opinion propre de chaque maître, de façon à renseigner exactement les familles. Elles seront accompagnées d’une note générale rédigée par le proviseur. » Antoine Prost commente cette naissance en rappelant que « Cette mesure témoigne d’une mutation pédagogique (…) il y a désormais plusieurs professeurs par classe, d’où le problème de leur coordination. ».
En ce siècle d’existence, la définition du rôle du conseil de classe a donc peu évolué, elle s’est tout au plus affinée puisque l’Article 33 du Décret de 1985 la formule de cette manière : « Il est institué dans les collèges, les lycées et les établissements régionaux d’enseignement adapté, pour chaque classe ou groupe d’élèves, sous la présidence du chef d’établissement ou de son représentant, un conseil de classe. (…) Le conseil de classe examine les questions pédagogiques intéressant la vie de la classe, notamment les modalités d’organisation du travail personnel des élèves. ».

Toujours dans cet esprit de définition initiale, nous pouvons nous poser la question des buts et des objectifs d’un conseil de classe.

Dans vos témoignages, certains points de vue sont récurrents : un conseil de classe doit être un « bilan d’étape », une « photo », un « temps d’échange » où priment la liberté d’expression et la volonté d’agir dans l’intérêt des élèves, l’occasion pour l’équipe pédagogique d’accorder ses violons et d’ « adapter ses pratiques au profil de la classe », l’étape cruciale qui distribue des récompenses positives ou négatives aux élèves concernés. Nous sommes tous d’accord pour réfuter cette image maintenant dépassée du « tribunal inquisiteur » qui terrorise les élèves, qui intrigue les parents, qui frustre les enseignants. Un conseil de classe doit en effet également savoir « valoriser les acquis des élèves, leurs efforts et leur progression ».
Je tiens à vous faire partager cette formule de Franck Cutillas : d’après lui, un bon conseil de classe « débouche sur des propositions plutôt que sur des constats ». Nous ne pouvons qu’adhérer à ce propos très pertinent qui nous renvoie à nos propres pratiques. En effet, c’est incontestablement dans cette direction que doit évoluer notre approche de ces réunions : sans renier sa fonction historique de sanction du travail et des résultats des élèves, le conseil de classe doit être capable de se tourner vers les perspectives de l’élève et l’aider à construire son cheminement personnel. Chaque membre doit pouvoir s’exprimer librement, les synthèses doivent être justes et complètes, l’équipe doit prendre le temps d’analyser la situation de chaque élève ainsi que de l’ensemble de la classe.

 

Qui doit présider ?

Conseil de classeLes situations ne sont pas les mêmes en fonction des établissements, constat somme toutes rassurant puisqu’il nous prouve - s’il était nécessaire de le faire - que les équipes de direction savent s’adapter à des publics et à des contextes variés.
Au collège, le chef d’établissement semble détenir en chasse gardée les classes de Sixième et de Troisième, situation qui s’explique très simplement par la nécessité de créer et de nourrir un lien avec les familles des nouveaux entrants, et par la nécessité de superviser et de valider les décisions d’orientation des futurs sortants ! Le Principal-Adjoint serait ainsi l’interlocuteur privilégié du cycle central, ce qui facilite le suivi des élèves sur deux années consécutives. La présence d’un interlocuteur identifié et stable est rassurante et permet objectivement de mieux connaître les élèves.
Les pratiques au lycée sont bien plus variables, elles s’adaptent au type d’établissement et au profil des élèves. La répartition peut se faire par niveaux, par filières ou par profils de classes : les classes dites plus difficiles sont réservées au chef d’établissement, les classes qui posent moins de problèmes sont confiées à son adjoint.

Le Conseiller Principal d’Education garde un statut particulier et les avis le concernant divergent fortement. On lui refuse parfois ce rôle d’arbitre, de facilitateur ou de médiateur que doit savoir jouer le président, considérant que son rapport aux élèves et le regard qu’il pouvait porter sur eux manquait d’objectivité. Vos témoignages évoquent également l’impossibilité pour le CPE de présider les conseils de classe qui se soldent par des décisions d’orientation… faux ! Je vais peut-être vous surprendre, mais dans mon lycée, tous les conseils de classe des élèves de Seconde sont présidés par le CPE. N’oublions pas que la présidence des conseils de classe fait partie des domaines que peut déléguer le chef d’établissement, et pas exclusivement à son adjoint. Aussi, le Chef de Travaux ne doit pas être occulté, il peut bien sûr également endosser cette fonction de président, au même titre qu’un adjoint ou qu’un CPE.
Evoquons les Conseillers d’Orientation Psychologues, eux aussi membres de droit, dont la présence n’est pas systématique, mais souvent bénéfique. En effet, surtout lors des décisions d’orientation, leur regard sur le parcours de l’élève et leur précieux dossier scolaire peut s’avérer très éclairant. En classe de Seconde, les professeurs apprécient fortement de connaître les remarques du conseil de classe de Troisième et ainsi mieux comprendre comment ont pu se prendre certaines décisions d’orientation. Mais force est de constater que depuis quelques années le conseil de classe ne fait que proposer une décision en matière d’orientation, la décision véritable appartenant au chef d’établissement. L’objectif de cette pratique est multiple : augmenter les passages vers les classes supérieures, limiter les recours en commissions d’appel et introduire une régulation au sein de l’établissement car, suivant les équipes, les décisions peuvent être plus ou moins sévères. Dès lors, la position du chef d’établissement devient ambiguë : s'il préside, il est obligé d'être solidaire, s’il délègue cette présidence, il peut plus aisément défendre une position différente. Au départ, les enseignants se sont sentis dessaisis et ont mal accepté cette mesure, mais cette modalité a finalement du bon : c'est au chef d’établissement de gérer les éventuels conflits avec les familles !
Reste le professeur principal dont le rôle n’est clair pour personne ! J’ai lu dans certains témoignages que le professeur principal présidait le conseil de classe, que le chef d’établissement animait la séance, que c’était lui aussi qui formulait la synthèse du travail de chaque élève… La confusion des genres tend donc à se généraliser et la diversité de nos pratiques ne réussira pas à nous faire définir un « statut universel » du professeur principal !  
Mon expérience, malgré sa modestie, m’a déjà permis de me forger une opinion nette à ce sujet : j’ai du mal à concevoir qu’une personne autre que le professeur principal anime le conseil et rédige les synthèses générales à apposer au bas des bulletins de ses élèves. Qui mieux que lui est en mesure de synthétiser l’ensemble du travail, au cours de tout le trimestre et dans toutes les matières, de manière individualisée, pour l’ensemble de la classe ? Si le chef d’établissement ou son adjoint sont quotidiennement au contact des élèves de leur établissement, ils ne me semblent cependant pas les plus aptes à mener cette synthèse. Le professeur principal doit donc également se faire un devoir de valoriser toutes les disciplines et d’accorder une importance équilibrée à tous les collègues présents en atténuant les rapports inégaux induits par une distinction entre « matières principales » et « matières secondaires ».

 

Les délégués des élèves… et des parents

Délégué flashL’article d’Antoine Prost nous apprend que c’est dans le contexte de 1968 qu’Edgar Faure décida  « d’introduire dans les conseils de classe des collèges et des lycées deux représentants des parents d’élèves et deux élèves ». Cette mesure qui provoqua « des conflits très vifs » avait pour objectif de mettre fin au huis clos qui prenait les décisions en matière d’orientation « sans qu’aucune personne extérieure puisse prendre la défense d’un élève victime d’une décision sévère, ou seulement trop rapide ». Nous savons donc, à présent, dans quelle perspective première parents et élèves font partie intégrante du conseil de classe.

Je suis rassurée de constater, en lisant vos témoignages, que vous avez tous l’habitude de laisser la parole aux délégués, élèves et parents, en début de séance. En effet, je participe depuis quelques années à des conseils de classes où les délégués sont invités à garder leurs remarques et questions pour la fin de la séance… et puisque celle-ci aura, comme d’habitude, duré plus longtemps que prévu, leurs remarques seront, par voie de conséquence, réduites à peau de chagrin. Si les délégués, élèves et parents, ont préparé leurs interventions en concertation avec les membres qu’ils représentent, nous devons leur laisser la parole en début de séance afin de leur signifier qu’ils ont leur place – sièges souvent voisins d’ailleurs – autour de la table.
Si la situation l’exige, les professeurs de la classe ont également la possibilité de demander un temps de discussion sans la présence des parents et des élèves. Cette option est souvent peu utilisée, mais elle doit nous rassurer sur la possibilité d’évoquer toutes sortes de difficultés lors d’un conseil de classe.

Les délégués des élèves ont parfois du mal à entendre le jugement prononcé à leur encontre par l’assemblée qui les entoure. N’oublions pas que leur école est pour nos élèves leur principal lieu de vie : c’est avec nous qu’il vivent l’essentiel de leur semaine et je pense ne pas me tromper en affirmant que l’opinion des professeurs et des équipes éducatives de manière générale revêt à leurs yeux une importance parfois mal mesurée. Il n’est donc parfois pas évident pour eux d’entendre ce qui peut être dit à leur sujet et j’apprends grâce à vos témoignages que certains établissements proposent aux délégués de quitter la salle au moment où leur cas est examiné.
Aussi, nos collégiens et nos lycéens ont parfois du mal à faire la part des choses entre leur statut d’élèves et leur rôle de délégués. Il n’est pas rare, notamment dans les classes de collège où les élèves sont encore plus jeunes et plus inexpérimentés, que les élèves présents prennent à leur compte certaines remarques formulées à l’égard de l’ensemble de la classe… d’où la nécessité d’adopter un discours clair et de mieux préparer les délégués à leur fonction. Bien souvent, ils sont bridés par la peur d’éventuelles représailles et restent sous l’autorité de leurs professeurs. Leur attitude se limite généralement à une prise de notes détaillée et silence, cette posture ne peut totalement nous satisfaire.
Conseil de classeLes délégués des parents, eux, sont souvent plus mesurés dans leurs propos mais ils développent un défaut atténué chez les élèves : ils occultent parfois, partiellement, leur rôle de représentants et n’hésitent pas à intervenir au moment où le cas de leur enfant est évoqué. Cette intervention n’est pas toujours une défense acharnée fruit d’une subjectivité bien naturelle, elle peut aussi parfois encourager les enseignants à redoubler de sévérité ou à multiplier leurs exigences vis-à-vis de leur enfant. Cette irruption dans la discussion au moment où est évoqué leur cas personnel me paraît fort malvenue, qu’elle soit positive ou négative. Parfois c’est suite aux sollicitations de l’équipe éducative que les parents développent leur situation familiale, expliquant telle attitude par tel problème personnel… Mais encore une fois, je doute que le conseil de classe soit le lieu idéal pour de telles discussions. Suite à cette rencontre, les délégués des parents devraient rédiger une synthèse et la diffuser auprès des parents concernés. Ce travail n’est pas toujours fait : en fonction des personnes et des établissements, la communication entre parents reste insuffisante à la fois en amont et en aval du conseil de classe ; il arrive aussi qu’elle se développe de manière maladroite et les synthèses écrites peuvent, ponctuellement, devenir source de conflit.

Reste le conseil de classe ouvert, expérience tentée dans différents établissements, et dont les conclusions sont plus ou moins heureuses. Nous nous accordons tous à constater que l’inconvénient majeur du conseil de classe ouvert est sa durée. Parfois longues de deux à trois heures, ces rencontres épuisent plus qu’elles ne motivent et l’on peut légitimement douter de l’efficacité de telles pratiques… sauf si elles restent exceptionnelles. Or, la clef de cette formule me paraît résider dans cette idée : le conseil de classe ouvert doit conserver une valeur exemplaire et ponctuelle, il ne doit pas devenir un passage obligé banalisé. Ces vertus seraient ainsi de mobiliser davantage les élèves en difficultés, premiers concernés par ce temps de bilan, et de servir de modèle aux autres classes de l’établissement.
L’autre alternative tout aussi pertinente serait de consacrer ces conseils de classe ouverts aux décisions d’orientation, principalement en Troisième et en Seconde. Là non plus, le caractère exceptionnel et exemplaire de cette formule ne serait pas trahi. Le principe de l’orientation « active » serait ainsi mis en valeur et permettrait de responsabiliser encore davantage les élèves et leurs familles car, pour bon nombre d’entre vous, le conseil de classe ouvert consiste à accueillir les élèves, mais également leurs parents !
En tous cas, l’initiative semble intéresser une majorité d’entre vous et si les pratiques diffèrent, les avis, eux, convergent.

 

Avant et après

Le dossier d’Edusarthe, « Changer le conseil de classe », insiste sur ce continuum « avant-pendant-après » le conseil de classe. Le constat est relativement pessimiste, notamment en matière d’exploitation post-conseil.

Conseil de classeLa préparation du conseil se borne souvent à une heure de vie classe consacrée à ce sujet : les élèves discutent avec leurs délégués qui préparent la synthèse, le professeur principal peut mener les débats ou s’éclipser afin de laisser libre cours aux échanges. Là encore, les pratiques divergent fortement et la place parfois très limitée accordée aux heures de vie de classe peut avoir pour conséquence une préparation escamotée et frustrante, ne donnant pas la possibilité, par exemple, d’évoquer des questions pédagogiques pourtant essentielles. Les délégués des parents s’efforceront de faire cette même démarche, généralement par voie écrite. Aussi, le professeur principal tente de se mettre en lien avec l’ensemble de l’équipe pédagogique et s’efforce de recueillir les impressions, bonnes ou mauvaises, de ses collègues. Une piste intéressante, mais peut-être chronophage pour un chef d’établissement déjà pris par le temps, serait d’organiser une rencontre au préalable entre le professeur principal de la classe et la personne qui présidera le conseil. Cette rencontre aurait le mérite de pointer par avance les litiges ou cas difficiles et d’y proposer une remédiation plus travaillée en conseil de classe… mais elle ne devrait pas exclure le reste des membres de l’équipe pédagogique de discussions souvent intéressantes et fructueuses.

L’exploitation du conseil de classe reste bien souvent frustrante car les conditions matérielles ne sont pas toujours réunies pour satisfaire l’ensemble des acteurs : équipe éducative, élèves, parents.
Certains d’entre vous évoquent la possibilité de faire participer celui qui aura présidé le conseil de classe, chef d’établissement ou adjoint, à la séance de bilan en heure de vie de classe. Cette idée me semble intéressante, cohérente avec les objectifs décrits plus hauts, mais peut-être peu réalisable, voire peu souhaitable. En effet, la séance de bilan est un moment de parole bien plus libre et moins formel que le conseil de classe : les élèves se retrouvent majoritaires face à leur interlocuteur privilégié, le professeur principal, et eux comme lui pourront synthétiser de manière plus ouverte les remarques du conseil de classe. L’aura légitime du chef d’établissement peut freiner l’élan de ce moment de vie de classe, et ce serait dommage.
Des habitudes se développent cependant dans de nombreux établissements, notamment celle de rencontrer les familles à l’occasion de la remise des bulletins ou d’une orientation litigieuse. Encore une fois, tout est une question de temps : l’enseignant doit savoir prendre le temps de rencontrer, d’expliquer, de parler, d’écouter,… Prendre rendez-vous avec chaque famille d’une classe de trente-cinq élèves, s’accorder avec le chef d’établissement ou son adjoint pour rencontrer à deux les familles des élèves dont le redoublement est en question, s’assurer du suivi chez l’orthophoniste, du rendez-vous avec la COP, du contact avec le CFA qui permettra à l’élève de se réorienter, etc… c’est épuisant, mais gratifiant et utile.
Enfin, un conseil de classe réussi aura proposé des axes de progrès et fixé des objectifs pour le trimestre suivant ; ceux-ci ne prendront tout leur sens que lorsque viendra le temps du bilan nécessaire. En ce sens, la mise en place des PPRE, le développement de diverses formes de tutorat et d’aide individualisée semblent utiles et doivent trouver leur place au sein des discussions du conseil de classe.


J’aime terminer mes articles par la mise en exergue d’une citation.
Cette fois j’ai choisi une petite pensée si limpide que tout commentaire serait superflu… Il s’agit du propos expérimenté d’un enseignant qui a participé à l’enquête menée dans le cadre du rapport d’Edusarthe :
« Plus on parle, plus ça dure longtemps, voilà la règle implicite déplorable… ».

Bénédicte Gérard
Professeur de Lettres
Académie de Strasbourg

A lire :
- « Conseil de classe : le lien collège-familles » d’Antoine Prost
Le Monde de l’Education n° 363 - Novembre 2007

- Code de l’Education
Version consolidée au 1er janvier 2008
http://www.legifrance.gouv.fr/

- « Conseil de classe : que disent les textes officiels ? »
Cahiers Pédagogiques n° 452 - Dossier « L’esprit d’équipe » - Avril 2007
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=3019

« Le conseil de classe confisqué » - Billet du mois de Dominique Natanson
Cahiers Pédagogiques n° 421 - Février 2004
http://www.cahiers-pedagogiques.com/article.php3?id_article=201

- Changer le conseil de classe
Inspection Académique de Sarthe - Août 2004
http://www.ac-toulouse.fr/

 

Des lecteurs ont laissé 12 commentaires.
 1. Un article complet plein de justesse
thierry, Publisher
Merci, Bénédicte d'analyser ainsi, ce rendez-vous trimestriel fondamental pour la vie et le fonctionnement d'un établissement scolaire. Moi-même, professeur principal de troisième depuis quelques années, je te rejoins quand tu évoques dans cette assemblée le rôle de ce prof voué à coordonner, à synthétiser les remarques de ses collègues, mais celles de ses élèves ainsi que celles des parents qu'il a pour la plus part du temps déjà rencontrés. A la lumière de mon expérience, je peux dire que sa place au sein du conseil devient prédominante et que l'appréciation inscrite en bas du bulletin de chaque élève se rapproche de plus en plus de celle qu'il propose à l'approbation du conseil et duC.E. D'ailleurs la coopération ante conseil entre ces deux personnages que sont le prof principal et le chef d'établissements pour aller vers plus de cohérence et d'éfficacité me semble primordiale. En ce qui concerne la préparation de cette séance par l'équipe pédagogique, dans mon établissement chaque prof principal crée un document de sondage et de synthèse et le distribue à l'ensemble de l'équipe de la classe 15 jours avant. La généralisation naturelle de cette pratique met en avant la responsabilisation croissanrte du prof principal vis à vis de ses missions dont celle très importante liée à l'orientation des élèves. Nous ne pouvons que nous en réjouir. Voilà une piste déjà largement empruntée dans plusieurs établissement dans le cadre des possibilités de délégations des chefs d'établissement. Je considère en effet pour ma part que le prof principal devient par ses pratiques l'adjoint pédagogique du chef dans la classe dont il a la responsabilité. D'ailleurs l'idée de regrouper l'ensembles des prof principaux entre autre au sein d'un conseil pédagogique me semble très judicieux afin d'harmoniser l'ensemble de leur pratique dans un même établissement tout en laissant à chacun dans le cadre de leur liberté pédagogique une certaine marge de manoeuvre. Cette réflexion sur le rôle du professeur principal, d'après moi, doit concourrir à faire du conseil de classe une assemblée qui s'engage dans une démarche de projet à l'échelle d'une classe afin de dépasser la simple sanction et de permettre à chaque élève d'avancer en profitant de l'expertise de tous les adultes (professionnels et famille) qui sont là pour l'accompagner, le conseiller...
 Posted 2008-02-10 12:39:38
 2. Sans titre
Franck Cutillas, Administrator
Comme d'hab' un article intéressant, intelligent, merci pour ce coup de plume Bénédicte !
 Posted 2008-02-10 18:52:54
 3. "Plus on parle, plus..."
L.P., Author
Bravo Bénédicte !
Un compte-rendu concis et fidèle à nos représentations.
Une expression synthétique, fluide et claire.
Très bonne élève. FELICITATIONS ! Continue
Patricia, professeur de lettres
 Posted 2008-02-10 19:52:05
 4. de nos us et coutumes....
Corinne, Non inscrit
Bravo Bénédicte, bel article limpide à lire et ouvert sur les diverses pratiques que nous rencontrons!
Pour ma part, je cumule les particularismes puisque en tant que CPE je préside les conseils de classe d'un niveau depuis 5 ans dans un collège et je dépanne à l'occasion sur la 6ième et la 3ième, habituellement chasse gardée.De plus je suis impliquée dans l'orientation, ce qui peut parfois surprendre. j'avais peur au début de ne pas être reconnue dans cette délégation que j'avais demandé à mon chef, mais cela se passe vraiment très bien car en conseil de classe, je suis présidente et pas CPE, tout le monde fait bien la différence.Tout ce qui concerne la vie scolaire les absences et les retards, je les vois avec le professeur principal avant. Je prépare longuement le conseil de classe avec le professeur principal, non pour orienter les débats mais pour m'assurer d'entrer en pédagogie et d'être à jour de ce qui se passe dans la classe.Je m'assure que la parole sera donnée aux élèves et aux parents.C'est par moi que les compte rendu de parents passent, car je souhaitent qu'ils existent pour tous les parents de la classe. Travaillant en binome avec le professeur principal, j'ai plaisir à te lire et dans l'établissement où j'exerce, les choses sont faites dans les règles de l'art , les élèves sont coachés avant d'aller en conseil, écoutés pendant et capable de s'exprimer pour la synthèse devant la classe après et pour chaque élèves individuellement ensuite.Présider un conseil de classe est pour moi un grand moment, celui où je me sens vraiment proche des enseignants, dans le bain de leur réalité quotidienne et de leur réflexions sur les élèves. Pour moi aussi le conseil doit déboucher sur des propositions et comme en tant que CPE je suis bien plus disponible que le CE ou son adjoint, sauf erreur de ma part sur mon dernier niveau de 4ième je recevais avec le P.P. de la classe près de 8/10 familles par classe soit une cinquantaine de famille en tout par trimestre en binome, cela aussi est un grand moment dans lequel je prends beaucoup de plaisir travailler avec les enseignants. Pour ma part, je vois donc beaucoup d'avantages à la présidence de conseils de classe par le/LA CPE!
Merci encore pour cet article Bénédicte, j'attends le prochain !!!
Corinne
 Posted 2008-02-11 01:02:19
 5. Sans titre
patrick, Registered
Article synthétique, bon travail bénédicte

Cet article met en évidence le rôle déterminant dans la scolarité du professeur principal et ouvre un champ de réflexion sur la préparation du conseil de classe et le suivi des actions post conseil de classe.

Patrick, professeur de génie biologique.
 Posted 2008-02-11 21:28:35
 6. Sans titre
bonetto, Registered
Une synthèse intéressante.
Il aurait été intéressant de mutualiser nos points de vue sur les sujets que les parents et élèves peuvent aborder au conseil de classe.
 Posted 2008-02-12 16:56:31
 7. Sans titre
Sylvie FAIVRE, Registered
Bravo Bénédicte pour cet article clair et concis qui entraîne une réflexion par rapport aux interventions des parents et des élèves pendant les conseils de classe....( comment les préparer et avec qui ? quel suivi après les conseils ? )
Suzanne, prof d'anglais.
 Posted 2008-02-13 19:03:23
 8. Sans titre
caroline, Author
Merci pour cette synthèse. C'est toujours un plaisir de te lire !
Caroline
 Posted 2008-02-16 08:23:14
 9. Sans titre
Pierre CHALIER, Registered
Du vécu... ?
Praticien de la présidence du conseil de classe depuis quelques temps déjà je tenais à apporter quelques observations :
- un conseil de classe se pilote comme une réunion (on est donc dans de la conduite de réunion avec objectif déclaré et cadrage réglementaire, régulation de la parole, garant du temps imparti, capacité de synthèse intermédiaire et finale)
- donc je la prépare : lecture des bulletins avant, rencontre avec le prof principal, et basique, le suivi des classes tout au long du trimestre, y compris le contact avec les délégués parents s'il y en a ou celui qui viendra y siéger

Certains établissements font participer au conseil d'autres élèves que les délégués : je n'y suis pas favorable car cela ne fait pas fonctionner le jeu de la représentativité des délégués..
 Posted 2008-05-18 00:11:32
 10. Sans titre
Pierre CHALIER, Registered
Ma pratique :
- ouverture du ban par moi-même : je précise le nom de la classe le trimestre concerné et la méthode suivie
- c'est une valse à trois temps :
1. Synthèse du prof principal (toujours assis à ma gauche)
2. Synthèse de chaque prof et intervention des délégués élèves puis parents, réponses si questions
3. Analyse et synthèse de chaque bulletin, suite envisagée en termes de dispositif en tant que de besoin
- fermeture du ban par moi-même, rappel des décisions prises et remerciements aux participants
Ca dure de 1h à 1h1/2 selon le nombre d'élèves. A ce jour je n'ai jamais débordé.
Je tiens à préciser que j'ai présidé tous les niveaux de la 6ème au BTS (pas de classes prépas) et que la méthode suivie s'est affinée certes mais est restée grosso modo la même.
 Posted 2008-05-18 00:25:23
 11. Sans titre
danielncy, Registered
Très bel article effectivement sur le conseil de classe .Je ne peux pas y adhérer totalement pour plusieurs raisons:
1-Des classes de 15 élèves pour pouvoir suivre les élèves un par un, les rencontrer un par un, avoir des contacts avec leurs familles....il ne faut pas rêver, surtout dans le contexte actuel.
2-l'enseignant doit-il aussi faire office d'assistante sociale ? Un peu de sérieux , sinon , il ne faut plus dormir la nuit !
3-Enseignant moi-même , je considère que mon premier travail est de transmettre des connaissances et non pas de "jouer à la nounou" .
 Posted 2009-03-01 17:34:53
 12. Sans titre
Hema, Registered
Une synthése non seulement intéressante mais aussi enrichissante par ses commentaires. merci !
 Posted 2009-07-30 16:03:45
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